Dans le cadre de l’élaboration de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat (SANB), nous avons entrepris un processus d’enquête, de conversation et de co-création. Nous espérons ainsi mieux comprendre le paysage en constate évolution du bénévolat grâce à e la recherche, à des consultations et à des partenariats.
Jetez un coup d’œil à nos rapports, à nos billets de blogue et à nos projets de récits pour découvrir le pouls du moment.
Le mandat de co-création énoncé dans la Feuille de route guide la recherche menée par Bénévoles Canada dans le cadre de l’élaboration de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat (SANB). En effet, notre équipe a adopté une approche interdisciplinaire de mobilisation du savoir qui repose sur la recherche, l’implication et le partage des connaissances. Notre but est de créer une stratégie fondée sur des données quantitatives, sur des informations qualitatives du secteur et sur le vécu et les histoires de toutes les personnes à travers le Canada qui sont touchées par le bénévolat et la participation civique ou communautaire.
Découvrez certains de nos projets de recherche et de communication narrative ici :
Le bénévolat et la participation dans les communautés 2SLGBTQIA+
Les personnes âgées
Bénévoles Canada et Volunteer Toronto ont uni leurs forces pour présenter différents exemples d’implication civique par le biais d’une série de vidéos dans lesquelles des personnes âgées racontent leur histoire.
Le but? Inspirer la prochaine génération et montrer que peu importe la façon de donner en ce moment, c’est la bonne façon! Il existe tellement de moyens de s’impliquer dans sa communauté tout au long de sa vie.
Tout le monde a un rôle à jouer et ce rôle peut prendre plusieurs formes : être bénévole, être actif ou active dans le voisinage, voter ou offrir une contribution financière, mettre des gens en contact, etc. Les personnes qui nous ont raconté leur histoire ont apporté une contribution à leur façon, en trouvant toujours le moyen de s’impliquer, car la participation communautaire compte à toutes les étapes de la vie. En réalité, il est prouvé que le bénévolat augmente les résultats de santé positifs pour les personnes plus âgées. En plus de partager leur parcours et leurs expériences avec nous dans le cadre de cette série, elles offrent aussi des conseils aux plus jeunes générations qui souhaitent s’impliquer activement dans leur communauté.
À venir…
Un nouveau paysage pour le bénévolat
Blogue sur les ateliers estivaux de fin de saison
Les dernières semaines du mois d’août ont été une période de réflexion pour l’équipe de Bénévoles Canada. Alors que nous finalisions la publication de notre rapport annuel et que nous nous apprêtions à tenir notre Assemblée générale annuelle, nous avons passé la dernière année en revue et constaté à quel point le paysage du bénévolat évolue rapidement.
Les personnes qui ont pris part aux derniers ateliers estivaux organisés dans le cadre de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat (SANB) nous ont aussi fait part de cette impression alors que nous discutions des leçons apprises de la COVID-19, de la réponse aux feux de forêt et aux inondations qui ont touché le pays cet été, et des pratiques du secteur en matière de collecte de données.
Les deux ateliers ont débuté par des présentations de la part de spécialistes et de leaders dans leur domaine respectif. Ces personnes ont parlé des lacunes dans les approches actuelles et des possibilités intéressantes sur les plans de l’innovation, de l’intégration et du changement.
Mesurer ce qui compte : les données, l’impact et l’avenir du bénévolat
Les activités de la SANB organisées au cours des derniers mois ont montré que les données et la sensibilisation reposant sur des données probantes constituent une priorité à l’échelle du secteur. Plusieurs personnes ont participé à l’atelier pour parler de leurs besoins et des lacunes en matière de données, et découvrir de nouvelles pratiques adoptées dans le secteur du bénévolat. Cara Eaton, la directrice principale de la stratégie et de la croissance chez Volunteer Toronto, s’est jointe à l’équipe de Bénévoles Canada pour discuter du rôle des centres d’action bénévole dans la collecte de données actuelles et diversifiées sur les bénévoles et les organismes de bienfaisance ou sans but lucratif de leur périmètre d’action. La quantité d’information pouvant être recueillie à partir de seulement quelques points de données lorsque la collecte et l’analyse sont faites adéquatement est ce qui a le plus surpris les personnes présentes.
Ces dernières avaient hâte de connaître les pratiques adoptées par leurs pairs en matière de données. En mode remue-méninges, elles ont convenu qu’il était important de savoir pourquoi les données sont recueillies, de s’assurer que toutes les questions demandées sont justifiées, de se demander comment la collecte va de pair avec la mission et la vision de l’organisation, et de garantir l’adéquation avec les stratégies d’équité des données.
La discussion a aussi souligné l’importance de partager les données et d’intégrer la collecte dans les activités quotidiennes comme moyen de lutter contre la fatigue généralisée liée aux sondages qui touche l’ensemble du secteur.
Les participant·es représentaient tous les domaines du secteur : centres d’action bénévole, organismes de bienfaisance ou sans but lucratif, gestion et coordination de bénévoles, équipe de haute direction. Cette diversité a donné lieu à des conversations en profondeur sur la situation des données sur le terrain. Par exemple, nous avons appris que pour les organismes de bienfaisance qui offrent des services directs aux communautés à faible revenu, la collecte et l’analyse de données sont souvent la première chose qui est laissée de côté lorsque les capacités sont réduites.
Même si nous avons parlé franchement des lacunes, il y a aussi de l’espoir. Quelques personnes travaillant dans des centres d’action bénévole ont été surprises d’apprendre qu’elles recueillaient déjà des données pouvant servir à raconter des histoires d’impact. Aussi, les centres d’action bénévole représentant un vaste réseau pancanadien d’organisations, les participant·es ont été heureux·euses d’en apprendre plus sur la façon dont ces derniers pourraient aider à faire le suivi d’indicateurs et à analyser des données centralement en vue de créer des histoires et des rapports collectifs.
Voici les grands points à retenir de l’atelier
1) Les données sont indispensables pour raconter l’histoire du bénévolat au Canada, mais les approches actuelles sont trop limitées.
2) La plupart des organisations continuent de mesurer les heures et le nombre de personnes au lieu de saisir la signification réelle du bénévolat, par exemple le sentiment d’appartenance, la vocation ou les compétences acquises.
3) De nombreux groupes n’ont pas le temps, les ressources ou l’expertise pour recueillir des données de manière cohérente. Par conséquent, des lacunes demeurent pour comprendre les personnes, les raisons et les obstacles derrière le bénévolat.
4) Il existe beaucoup d’intérêt envers des cadres de mesure communs qui pourraient renforcer la sensibilisation et créer une histoire collective sur l’impact du secteur.
5) Il faut investir dans la formation et le renforcement des capacités pour répondre à nos besoins de données en tant que secteur. Les personnes impliquées de plus près dans la collecte de données au sein des organismes de bienfaisance ou sans but lucratif ne réalisent souvent pas le pouvoir des données qu’elles recueillent.
Cet atelier a suscité le plus grand nombre de demandes pour des suivis et une formation plus poussée, ce qui atteste de l’urgence et de l’importance de développer la littératie, la capacité et les pratiques communes du secteur en ce qui concerne la collecte, l’analyse et le partage des données. À court terme, l’atelier est venu renforcer l’importance des données comme un élément crucial de la SANB.
Les bénévoles en temps de crise : créer un secteur plus résilient
Une idée s’est imposée à nous alors que nous nous préparions pour le dernier atelier de la saison : il n’y a pas de bon moment pour parler de la préparation aux situations de crise au Canada. Ce n’est pas le moment en été lorsqu’une grande partie du pays est aux prises avec la « saison des feux de forêt ». Ce n’est pas le moment au printemps ou à l’automne lorsque le secteur de la santé publique tente de sensibiliser les gens à la prévention des rhumes et de la grippe. Et ce n’est pas le moment en hiver lorsque de nombreuses régions connaissent des précipitations de neige, des tempêtes de verglas et des conditions météorologiques inhabituelles sans précédent. Malgré tout, dans toutes les régions et durant toutes les crises, des bénévoles, des membres de la communauté et des gens du voisinage sont présent·es sur le terrain pour prêter main forte. Dans un paysage de changement continu, leur constance nous rappelle que bien qu’il n’existe pas de moment idéal pour parler de la préparation aux situations de crise, il y a une foule de raisons d’investir dans ce domaine.
L’atelier nous a renseignés sur les possibilités, les lacunes en matière de coordination et les besoins sur le plan du renforcement des capacités qui ont trait à la mobilisation de bénévoles et au développement d’une résilience en cas d’urgence. Amy Avis, cheffe des services humanitaires à la Croix-Rouge canadienne, Ashley Seymour, directrice générale de Volunteer Manitoba, et Louis-Philippe Champagne, vice-président associé des affaires publiques et des pratiques de l’industrie à l’Association canadienne de la construction, qui est aussi membre de notre conseil d’administration, se sont joint·es à l’équipe de Bénévoles Canada pour ancrer la conversation dans toutes les dimensions du paysage des interventions en cas d’urgence.
À titre de premier répondant et de membre d’une équipe de recherche et de sauvetage, Louis-Philippe a été témoin du grand impact qu’ont les bénévoles au sein de nos communautés. Il a parlé des lacunes en matière de capacités qui découlent des coûts de fonctionnement élevés de la gestion et de l’intervention des situations d’urgence, en insistant sur la nécessité d’un réseau de bénévoles fort et bien coordonné pour combler ces lacunes.
Ashley Seymour a abordé la coordination de bénévoles en situation d’urgence au Manitoba dans le cadre des plus récents feux de forêt qui ont ravagé le nord de la province. Elle a parlé d’un plus grand besoin de coordination et de soutien pour appuyer les communautés nordiques éloignées, où de nombreuses personnes ont dû rester sur leurs gardes tout l’été en raison d’évacuations multiples. Environ 90 % des services d’incendie du Manitoba dépendent de bénévoles et l’efficacité des efforts est souvent proportionnelle à leur connaissance de la géographie et des infrastructures locales. Il reste du travail à faire pour mieux coordonner et mobiliser cette force humaine. Comme l’a souligné Ashley, l’été nous a rappelé que des voisin·es seront toujours là pour se donner un coup de main et que les centres d’action bénévole et les programmes de bénévolat dirigé par l’employeur peuvent jouer un plus grand rôle dans la coordination des efforts d’urgence. Elle a aussi ajouté que préparer les citoyen·nes dans les périodes où il n’y a pas de crise aide à garantir une mobilisation sûre et efficace lorsque survient une situation d’urgence.
Amy Avis a quant à elle parlé des efforts pancanadiens et internationaux dirigés par la Croix-Rouge face à diverses situations d’urgence. Elle est venue ajouter de la perspective par rapport à la notion de crises à une époque « sans précédent ». Elle a insisté sur l’importance du contexte pour mesurer l’impact. En effet, les tendances socio-économiques plus vastes, l’emplacement, les décès, l’historique de traumatismes communautaires et les cas de déplacement influencent notre compréhension des résultats. La Croix-Rouge a vécu une des plus grandes années opérationnelles de son histoire, ce qui s’explique par une foule de facteurs, et ses opérations reposaient sur le besoin et la générosité de bénévoles compétent·es. Plus de 40 % des personnes déployées sur le terrain durant 90 jours consécutifs cet été étaient des bénévoles. Amy a fait remarquer que lors d’événements d’envergure, ce sont toujours les personnes bénévoles et les organisations de bénévoles qui sont les premières à arriver et les dernières à partir. Elle a conclu par une question importante : Comment les organismes communautaires de première ligne pensent-ils que nous pouvons créer un secteur plus fort et résilient? Comment la Croix-Rouge peut-elle mieux appuyer la mobilisation et la formation? Comment peut-elle mieux protéger et soutenir les bénévoles?
Les participant·es ont discuté des leçons apprises de la pandémie de COVID-19 et des occasions ratées de renforcer la résilience en vue des futures crises de santé publique. Il a été question des conséquences qu’ont eues les nombreux licenciements de gestionnaires de bénévoles à l’annonce du confinement. Ces gestionnaires étaient souvent les personnes qui entretenaient des relations avec les bénévoles les plus actif·ives au sein de leur communauté. Elles auraient pu aider à faire le triage des bénévoles possédant une formation, les orienter vers des organisations ou des initiatives qui avaient besoin d’aide, ou encore, ou collaborer avec les administrations municipales et d’autres intervenant·es pour soutenir des membres marginalisés de la communauté.
Les participant·es ont fait remarquer que les gens s’organisent eux-mêmes lorsqu’il n’existe aucune structure pour encadrer leur instinct de vouloir aider en temps de crise. Les groupes de solidarité et de soins communautaires ont répondu à un besoin urgent et important durant la pandémie. Cependant, plusieurs champion·nes de ces efforts communautaires ont été victimes d’épuisement faute de ressources et de soutien adéquats. Selon d’autres, la pandémie a donné lieu à une grande vague de renforcement des compétences pour l’administration des vaccins et l’assistance médicale d’urgence, mais sans qu’il y ait de système centralisé permettant d’identifier les bénévoles ayant reçu des formations ou possédant de l’expérience pratique pour soutenir les efforts liés à la COVID-19.
Nous aurons besoin de ces personnes bénévoles durant la prochaine crise de santé publique, mais sans un système coordonné pour maintenir des relations avec elles, les conditions resteront inchangées durant le prochain état d’urgence en santé.
De nombreuses organisations se consacrant à la santé ou aux interventions en cas d’urgence ont de leur côté exprimé de la frustration de voir des citoyen·nes n’ayant reçu aucune formation s’impliquer en temps de crise. Elles se sont aussi dites inquiètes du manque de coordination entre les administrations municipales et les gouvernements provinciaux pour faire appel à une force bénévole compétente. Des organismes sans but lucratif ont indiqué qu’ils prenaient des mesures proactives pour mieux préparer leur communauté en cas d’urgence. Sachant des gens vont vouloir aider en période de crise, nous devrions les former afin qu’ils soient plus efficaces le moment venu. Offrir à la population des formations de RCR, de premiers soins et de sécurité incendie, ainsi que dans d’autres domaines pertinents selon la région, permettra au besoin de mobiliser des gens ordinaires.
Toutefois, des spécialistes de la question ont tenu à nous rappeler que ce sont les populations les plus vulnérables qui sont les plus à risque en temps de crise. Laisser n’importe qui voulant aider effectuer n’importe quelle tâche expose les populations vulnérables à des abus et à de nouveaux traumatismes potentiels. Une composante des interventions responsables, éthiques et équitables en cas d’urgence est de s’assurer qu’il existe des systèmes optimisés pour garantir que tout le monde ait accès à des systèmes de soins sûrs et à des mesures de suivi tenant compte des traumatismes.
Selon les participant·es, les centres d’action bénévole sont en bonne position pour faciliter les efforts de coordination entre les gouvernements, les organismes de bienfaisance ou sans but lucratif, les forces d’urgence et les bénévoles locaux.
Voici les grands points à retenir de l’atelier
1) Les bénévoles sont indispensables en temps de crise, mais la valeur de leur implication est sous-estimée, ce qui la rend vulnérable aux coupures.
2) Les crises mettent en lumière les tensions qui existent entre la rapidité et la sécurité, surtout lorsqu’il est question de vérification et de formation.
3) Le bénévolat spontané et « sur demande » gagne en popularité. Il est vrai qu’il offre de la souplesse, mais il entraîne aussi des défis sur le plan de la coordination et de la sécurité.
4) Les problèmes de confiance et de communication viennent affaiblir la résilience communautaire et peuvent causer de nouveaux traumatismes aux personnes qui sont touchées de manière répétée.
5) L’équité doit être au cœur de la planification de crise, puisque les populations vulnérables font face à des conséquences disproportionnées.
6) La résilience dépend d’une approche mise en œuvre à l’échelle de la société qui intègre l’ensemble des organisations sans but lucratif et non seulement celles spécialisées dans les situations d’urgence.
Nous tenons à remercier chaleureusement les participant·es pour leur curiosité, leur implication et leur passion lors des ateliers estivaux sur la SANB. Ces derniers représentaient une occasion intersectorielle importante pour co-créer la stratégie et repenser l’avenir du bénévolat au Canada.
Pour continuer à faire partie de la conversation, visitez volunteerstrategy.ca/impliquez-vous/.
Créer de nouveaux modèles
Cet été, entre les canicules, les jours fériés et les vacances, l’équipe de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat (SANB) de Bénévoles Canada partageait des histoires et réfléchissait à l’avenir.
D’abord, alors que plusieurs villes canadiennes commémoraient les manifestations organisées en 1971 pour appuyer le mouvement We Demand dans le cadre de leurs célébrations de la Fierté, Bénévoles Canada a mis en lumière des histoires de participation, de soins communautaires et d’entraide dans les communautés 2SLGBTQIA+ du pays.
Ensuite, les ateliers estivaux de mi-saison ont offert un espace pour apprendre, élaborer des stratégies et créer. À l’approche de la mise en œuvre de la SANB, l’équipe commence à concevoir les outils et les ressources nécessaires afin que tout le monde puisse participer à la revitalisation de l’écosystème du bénévolat. Deux ateliers ont été organisés durant la première moitié du mois d’août. Ils ont réuni un public pancanadien de 80 partenaires et co-créateur·trices en vue de repenser les modèles de bénévolat :
(Co-Creating a Community-Based Volunteering Model)
Repenser le bénévolat de groupe : de la transaction à la transformation
David Vandenberg, le gestionnaire de l’engagement social des entreprises, et Zaahy Ali, le coordonnateur des programmes et des événements, se sont joints à l’équipe de la SANB pour l’atelier du 6 août. L’équipe de l’engagement social des entreprises a jeté les bases pour une conversation animée et utile sur la nécessité que les expériences de bénévolat de groupe aient un impact dans la communauté, respectent la main-d’œuvre et la coordination qu’implique la planification d’événements, et mènent à une mobilisation civique et communautaire à long terme pour le personnel concerné.
L’atelier a réuni un mélange de partenaires du secteur privé, d’organismes de bienfaisance ou sans but lucratif et de centres d’action bénévoles, ce qui a permis un dialogue intersectoriel entre du personnel, des personnes chargées de prendre des décisions et des leaders de l’impact social.
Les personnes présentes ont pris part à des conversations en petits groupes qui se penchaient sur deux questions distinctes :
Une grande partie de la discussion a porté sur les cas où il peut y avoir un mauvais alignement entre les attentes de l’entreprise et la capacité de l’organisme sans but lucratif. Des personnes ont noté que les entreprises s’attendent parfois à une expérience clé en main d’une journée, mais qu’elles tiennent rarement compte des échéanciers, des exigences de vérification du personnel et des ressources demandées par les organismes, surtout ceux travaillant en situation d’urgence ou avec des populations vulnérables. La « main-d’œuvre cachée » de la planification d’événements a été abordée, en insistant sur le fait qu’il est irréaliste de penser que des organismes sans but lucratif peuvent fournir gratuitement une programmation d’envergure. Cette réalité surprend par moment des collaborateur·trices potentiel·les du secteur privé.
Un échange a bien illustré un tel manque d’alignement. Des leaders de l’impact social du secteur privé ont demandé aux organismes ce qu’ils souhaiteraient le plus que les entreprises demandent ou offrent au moment de faire une demande de bénévolat de groupe. Ils et elles avaient une réponse précise : « Quand vous nous appelez, donnez‑nous plus de souplesse. C’est toujours ce jour-là, à cette heure-là pour cette durée-là. » Ils ont expliqué qu’en ne laissant pas les organismes concevoir des occasions de bénévolat de groupe en fonction des besoins de leur clientèle et des communautés, les entreprises priorisaient le renforcement d’équipe plutôt qu’un impact significatif. Cela donne lieu à ce que certaines personnes appellent une expérience de bénévolat extractive. Plusieurs organismes sans but lucratif ont dit qu’ils n’organisent plus d’occasions de bénévolat de groupe qui les obligent à travailler gratuitement ou à prioriser des activités n’ayant pas un impact direct.
En même temps, les participant·es ont aussi insisté sur le pouvoir du bénévolat de groupe et des programmes dirigés par l’employeur·euse lorsqu’ils sont faits correctement. Le personnel des organismes a fait remarquer que bon nombre de gens qui prennent part à du bénévolat de groupe ne « sont pas confrontés aux réalités du secteur sans but lucratif » et que leur expérience représente souvent leur seule chance de découvrir la mission, l’impact ou la précarité du secteur. Le bénévolat de groupe devient ainsi non pas uniquement un événement à court terme, mais un point d’entrée important vers une implication civique plus profonde, augmentant ainsi la sensibilisation envers les enjeux communautaires et le rôle des organismes sans but lucratif.
Le bénévolat d’entreprise a été lié à tout un éventail de facteurs de motivation, ce que les participant·es ont vu comme une possibilité et non un défi. Les employé·es d’entreprise qui font du bénévolat sont souvent réparti·es dans de grandes catégories : les personnes voulant être altruistes; les personnes à la recherche d’une expérience de renforcement d’équipe amusante; les personnes souhaitant se développer sur le plan personnel ou professionnel, ou cherchant du mentorat. Selon les organismes sans but lucratif, reconnaître ces différents facteurs de motivation permet de créer des programmes plus réfléchis et des partenariats plus solides. Comme l’a dit une personne : « Ce n’est pas seulement la tâche qui compte, mais aussi l’expérience. »
L’atelier a permis de cerner plusieurs éléments mis en valeur dans le modèle transformateur de l’équipe de l’engagement social des entreprises comme étant cruciaux pour offrir des expériences de bénévolat de groupe à impact :
Voici les grands points à retenir de l’atelier
Co-créer un modèle de bénévolat axé sur les communautés
Sydney Beales, une travailleuse communautaire dévouée qui travaille sur le terrain depuis 15 ans en appuyant des organismes sans but lucratif à Winnipeg, était présente lors du deuxième atelier organisé en août. Opérant à partir du Family Dynamics’ Community Hubs de Family Resource Centres, Sydney a mis à profit sa spécialisation en programmation communautaire et en coordination de bénévoles pour créer un modèle de bénévolat centré sur la communauté conjointement avec l’équipe de recherche de Bénévoles Canada. Cette dernière a commencé à intégrer la prestation de services et la mobilisation et le développement des compétences des bénévoles chez Family Dynamics, en mettant l’accent sur la mobilisation de bénévoles dans les communautés à faible revenu, et c’est de cette intégration que le modèle est né.
Sydney a présenté une version préliminaire de ce dernier aux personnes présentes, en les invitant ensuite à partager leurs commentaires et leur expertise afin que le modèle puisse être peaufiné davantage. Voici ce qui a été abordé comme sujets :
Plusieurs qui représentaient le secteur du soutien aux personnes nouvellement arrivées aux pays ont souligné que leur approche reflétait déjà des composantes du modèle : traiter les bénévoles comme des personnes avec des atouts, des objectifs et des besoins; intégrer des mesures de soutien, par exemple des cours de langue ou un accès à des réseaux; établir un lien entre la mobilisation et des aspirations à long terme. Cela est venu renforcer pour certains l’idée que la mobilisation de bénévoles est plus efficace lorsqu’elle est réciproque, c’est à dire que les bénévoles en profitent tout comme les organisations.
Des organisations pancanadiennes sont cependant interrogées à savoir comment un modèle profondément local et centré sur la communauté pouvait s’inscrire dans une structure descendante où la cohérence et l’uniformité sont prioritaires. Cela a donné lieu à une conversation plus soutenue sur la difficulté de garantir de la souplesse tout en gérant un besoin de normalisation. Malgré les différentes expériences et les nombreux sous‑secteurs, une question importante s’est imposée pour toutes les personnes présentes : « Comment proposer des occasions de bénévolat qui redonnent aux bénévoles? »
Celles-ci ont souligné que le triage et la création d’avenues pour que les bénévoles puissent assumer des rôles de leadership exigent du personnel dédié. Les spécialistes de la mobilisation de bénévoles sont considéré·es comme des agent·es indispensables et non des « ajouts agréables » à l’équipe. Les participant·es de l’atelier ont également précisé qu’il faut de la confiance et de la souplesse de la part des bailleurs de fonds pour offrir des occasions de développement des compétences et une programmation centrée sur la communauté.
Au bout du compte, il faut d’abord remettre en question les suppositions concernant ce à quoi les bénévoles potentiel·les ont accès ou non avant de pouvoir amorcer l’intégration d’un modèle de bénévolat centré sur la communauté. Suppose-t-on qu’ils ou elles mangent à leur faim? Suppose-t-on qu’ils ou elles ont accès à des occasions sociales ou à des loisirs? À du réseautage ou à du perfectionnement professionnel? À de l’argent pour payer le billet d’autobus ou l’essence? À des fonds additionnels pour vérifier les antécédents judiciaires? En commençant par combler ces lacunes, les organisations pourront alors aller de l’avant vers un modèle de bénévolat centré sur la communauté.
Voici les grands points à retenir de l’atelier
Les exigences dictées par les politiques et les bailleurs de fonds (p. ex. les frais de vérification, les critères stricts, etc.) viennent restreindre la souplesse. Le modèle peut être mis à profit comme un outil pour exiger des changements systémiques qui réduiront ces barrières externes.
Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont participé ou qui ont joué un rôle de facilitation dans ces séances très informatives sur la création de modèles capables de venir appuyer l’écosystème du bénévolat de l’avenir. N’hésitez pas à consulter notre calendrier de mobilisation communautaire si vous voulez prendre part à d’autres séances organisées dans le cadre de l’élaboration de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat.
En juin dernier, Bénévoles Canada a animé des groupes de discussion sur les soins dans les communautés autochtones 2SLGBTQIA+ et communiqué les premiers constats de notre recherche sur les façons originales dont les communautés 2SLGBTQIA+ pratiquent le bénévolat. Nous avons également commencé à approfondir notre enquête sur l’état du bénévolat au pays. Nous avons inauguré notre été d’engagements communautaires pancanadiens avec deux ateliers extraordinaires qui ont été organisés dans le cadre de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat (SANB) : Volunteers as Change-Makers: Movement Building, Activism and Political Engagement et Decent Work and Decent Volunteerism.
Notre objectif est simple : maintenir une invitation ouverte pour la co-création de la SANB. Les ateliers ont été conçus à des fins de collaboration, de co-création et de conversation, et ils visent à réunir des bénévoles, du personnel d’organismes sans but lucratif (OSBL), des spécialistes de l’impact social, des centres d’action bénévole et des gestionnaires de bénévoles pour discuter du passé, du présent et de l’avenir du bénévolat au Canada.
Les personnes présentes ont pris part à des discussions sur l’expérience bénévole, ainsi que sur les infrastructures et les dimensions sociales du bénévolat dans l’espoir de trouver des réponses aux questions suivantes :
Notre conversation a largement dépassé le cadre de ces questions de réflexion. Des centres d’action bénévole, du personnel d’OSBL nationaux en santé, des réseaux provinciaux, des personnes effectuant de la recherche sur les politiques ou menant des campagnes politiques, des membres de conseils d’administration, des organisations travaillant avec les jeunes ou offrant des services aux personnes âgées, et bien d’autres encore ont participé aux ateliers. Les inscriptions couvraient 8 sous-secteurs et 64 organisations. Lors de l’atelier Volunteers as Change-Makers, des personnes présentes ont dit être préoccupées par : 1) le manque de soutien envers la gestion des bénévoles dans les campagnes politiques canadiennes; 2) l’épuisement des militant·es; 3) le fait que les organisations sont peu enclines à prendre des risques lorsqu’il est question de militantisme politique vu la rareté des ressources, ce qui rend le bénévolat accessible à certaines personnes, mais non à d’autres.
Tous les sujets n’ont pas fait l’objet d’un consensus. De nombreuses personnes ont dit être inquiètes de la « dépolitisation » du bénévolat. Elles ont affirmé que « nous ne nous rendons pas service lorsque nous le séparons des dimensions sociale, politique, culturelle et économique… le bénévolat n’étant pas toujours bénéfique, certaines personnes s’impliquant pour restreindre les droits fondamentaux des autres. » Certaines personnes pensent plutôt que les organisations « éloignent le grand public » lorsqu’elles militent au‑delà de leur mandat.
Malgré ces tensions, les personnes présentes étaient d’accord pour dire que le bénévolat politique offre la possibilité de bâtir des communautés, de créer une identité collective et de réduire l’isolement. Les bénévoles qui agissent comme des militant·es et des agent·es de changement méritent un secteur qui s’efforce d’aborder les causes profondes des enjeux systémiques, tout en leur fournissant des occasions de constater l’impact direct de leur action et de placer la joie au cœur de leur militantisme.
Voici les grands points à retenir de l’atelier Volunteers as Change-Makers :
Le besoin d’infrastructures intégrant l’équité au sein du secteur a été un thème important tout au long de l’atelier Decent Work, Decent Volunteering. Les personnes présentes ont mentionné comment les mesures de soutien en matière d’accessibilité, par exemple une traduction ou une formation axée sur les traumatismes, sont souvent traitées comme des éléments additionnels et non essentiels au moment de la conception. Cela crée des barrières pour les bénévoles des groupes en quête d’équité, en plus d’exercer une pression sur le personnel qui doit combler les lacunes.
La manière dont le vécu est utilisé dans les programmes de bénévolat a été le sujet d’une vive discussion. Certaines personnes ont insisté sur le fait que le vécu permet de créer un lien fort et que cela procure de l’information utile. D’autres ont dit s’inquiéter d’une trop grande dépendance aux expériences personnelles, surtout lorsque des bénévoles se sentent obligé·es de parler d’événements traumatisants ou de représenter des communautés entières. Plusieurs personnes se questionnaient à savoir s’il était éthique de demander à des gens de s’auto-identifier alors que les organisations n’ont pas la capacité de bien les soutenir durant cette expérience.
Le mentorat et des trajectoires souples étaient vus comme indispensables, mais souvent négligés. Plusieurs personnes ont affirmé que des bénévoles passent d’un programme à l’autre selon leur parcours de vie. Le bénévolat doit refléter ceci en proposant des points d’entrée comprenant peu d’obstacles, et aussi des moyens significatifs de demeurer impliqué au fil du temps. Le mentorat a été décrit comme une des premières choses à disparaître lorsque le personnel est épuisé ou qu’il manque de temps, et ce, même s’il peut avoir un impact durable.
La reconnaissance a aussi été un sujet de réflexion. De nombreuses personnes pensent que les efforts de reconnaissance échouent lorsque les bénévoles sont vu·es comme des aides au lieu de collaborateur·trices. Plusieurs participant·es ont dit qu’il était nécessaire d’avoir un leadership commun et des boucles de rétroaction plus efficaces pour que les bénévoles ressentent un sentiment d’appartenance et d’accomplissement.
Voici les grands points à retenir de l’atelier Decent Work and Decent Volunteerism :
Nous tenons à remercier toutes les personnes exceptionnelles qui ont pris part aux ateliers, qui ont partagé leur expertise et qui travaillent à l’élaboration de la SANB. Il n’est pas trop tard pour rejoindre la conversation. Deux autres ateliers auront lieu d’ici la fin de l’été.
Êtes-vous une organisation sans but lucratif, un collectif ou une entreprise qui souhaite savoir comment s’impliquer dans la création et la mise en œuvre de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat, ou encore, qui souhaite animer une table ronde? Communiquez avec nous!
Personne-ressource
Sara Lyons, directrice, stratégie et développement (sylons@volunteer.ca) ou Harar Hall, coordonnateur, politiques et recherche (hhall@volunteer.ca)